BOSSUET Jacques Benigne "Maximes et réflexions sur la comédie" à la suite "Profession de Foy De l'Eglise Catholique, Apostolique & Romaine"

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Un violent traité de Bossuet condamnant non seulement les comédies et les comédiens mais aussi les tragédies de Racine et de Corneille et les comédies de Molière.

Éditeur : Delusseux, Chevalier Romain, Paris, 1728. Deuxième édition, l'édition originale est à Paris chez Jean Anisson à la date de 1694.

in-12 (10 x 16,5 cm). Reliure plein cuir glacé havane avec d'importants accidents. Roulette dorée à l'intérieur des plats et sur les coupes. Toutes tranches rouges. Mors du premier plat entièrement fendu mais encore solide. Mors du deuxième plat fendu en tête sur environ 1 cm et en pied sur environ 6 cm. Coins légèrement émoussés. Dos à 5 nerfs avec fleurons dorés dans les caissons. Important manque de cuir en pied du dos sur environ 2 cm. Coiffe et pied arrasés. Environ la moitié de la pièce de titre a disparu. Titre doré. 8 pages (Titre, Table des chapitres, Privilège du Roy, 152 pages pour le texte des Maximes et 7 pages (avec une nouvelle pagination) pour la Profession de Foy. Papier jauni avec de rares taches et rousseurs. Bel exemplaire malgré les défauts signalés.

Ex-libris imprimé de Hyacinthe Théodore Baron au revers du premier plat (voir sa description référencée dans la base Bibale).

Collation : π4 A-M8/4 N4 *4

Durant le XVIIème il y eut en France et en Angleterre une suite de polémiques à propos de la moralité du théâtre et la "la nocivité intrinsèque du théâtre". "En France, la polémique reprend en 1694, avec l’affaire Caffaro. Inquiet de l’attitude de l’Église envers le théâtre, Boursault (Edme Boursault, 1638-1701, dramaturge français) consulte un théatin italien installé à Paris, qui lui tient un discours très rassurant qui nie que l’Église ait jamais lancé de condamnation. Publiée par Boursault, la lettre du père Caffaro suscite une réponse magistrale et virulente de Bossuet (ce livre), aussitôt suivie d’une rétractation piteuse du théatin et d’une pluie de répliques plus ou moins acerbes publiées par des ecclésiastiques de tout rang." d'après : Obscénité et théâtrophobie en France et en Angleterre (1570-1715) par François Lecercle, p. 99-110,  Presses universitaires de Rennes

D'après Jules Le Petit (1845 - 1915, bibliographe, bibliophile, journaliste et libraire français) in: "Bibliographie des principales éditions originales d'écrivains français du XVe au XVIIIe siècle" p. 422 et suivantes : « Dans ce curieux ouvrage, Bossuet s’élève avec vigueur non seulement contre le théâtre en général, mais encore contre une sorte de tentative qu’avaient voulu faire quelques écrivains religieux de l’excuser. Il prend à partie même "ceux qui voudroient de bonne foy qu'on réformast à fond la comédie, pour, à l'exemple des sages payens y ménager à la faveur du plaisir des exemples et des insinuations sérieuses pour les Rois & pour les peuples..." et il soutient que "le charme des sens est un mauvais introducteur des sentiments vertueux". ... En résumé, cet ouvrage n'est pas tout à fait digne de Bossuet, tant au point de vue du style qu'à celui de la largeur des idées et de l'élévation des pensées. Mais il est cependant rempli d’intérêt, et l’auteur n’a pas craint d’entrer dans certains détails assez scabreux pour un homme d’église ! »

Françoise Gevrey, « Edme Boursault : de la polémique au roman », Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles [En ligne], 9 | 2015, nous précise à propos de la polémique : "... en 1694 Boursault aggrave son cas en entrant dans la « querelle du théâtre » par la publication en tête de son Théâtre de la lettre du père Caffaro, un théatin qui s’occupait des spectacles du couvent italien de Paris : cette « Lettre d’un théologien illustre par sa qualité et par son mérite, consulté par l’auteur, pour savoir si la comédie peut être permise, ou doit être absolument défendue » a paru dans une œuvre profane, donc sans approbation des docteurs ; elle propose une doctrine de compromis en faveur d’un divertissement jugé honnête. Le père Caffaro veut justifier l’existence du théâtre en France, et accorder au chrétien le droit « de lénifier les passions par le spectacle de quelques vices choisis ». Bossuet, conscient que les successeurs de Molière sont plus immoraux que Boursault ne l’imagine alors qu’il compose un théâtre de plus en plus moralisant, y répond par ses Maximes et réflexions sur la Comédie."

Pour Max Vernet : "Les Maximes développent les arguments que Bossuet avait utilisés pour réprimander le Père Caffaro (Caffaro Francesco, 1650?-1720, moine théatin italien) dans une lettre qu'il lui avait adressée le 9 mai 1694. Ce théatin avait en effet laissé imprimer en tête du théâtre de Boursault publié cette année-là une Lettre en forme de dissertation, dans laquelle il s'efforçait de prouver qu'on pouvait innocemment composer, lire, représenter des comédies. La réaction de Bossuet fut pour le moins vigoureuse : « Dans un scandale public, que je pourrais combattre avec moins d'égards, pour garder envers un prêtre et un religieux d'un ordre que je révère, et qui honore la cléricature, toutes les mesures de la douceur chrétienne, je commence par vous reprendre entre vous et moi. Si vous ne m'écoutez pas, j'appellerai des témoins et j'avertirai vos supérieurs : à la fin, après avoir épuisé toutes les voies de la charité, je le dirai à l'Église, je parlerai en évêque contre votre pauvre doctrine. »" in: Vernet, M. (1979). Théâtre et usurpation du sujet : « Le monde et son image » dans les Maximes et réflexions sur la comédie de Bossuet. Études françaises, 15(3-4), 149–174

Voir aussi les notes critiques par Charles Urbain et Eugène Levesque dans la réédition de 1930 de ce texte disponible sur le site de la BNF.

Jacques-Bénigne Bossuet -plus souvent désigné par Bossuet et surnommé l'« Aigle de Meaux »- (27 septembre 1627, Dijon - 12 avril 1704, Paris). Homme d'Église, évêque, prédicateur et écrivain français. Prédicateur tôt renommé, il prononce des sermons et des oraisons funèbres qui demeurent célèbres. Il est l'auteur d'une abondante œuvre écrite qui porte sur la spiritualité, l'instruction du dauphin, la controverse antiprotestante ou encore diverses polémiques.

Hyacinthe Théodore Baron (Paris, 12 août 1707- Paris, 27 mars 1787). Médecin militaire et bibliophile français connu pour avoir eu une importante bibliothèque.

Réf. 3002 B2

 

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